mercredi 30 novembre 2016

Notre petite soeur de Kore Eda Hirokazu (2015)


Synopsis : Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. Les jeunes femmes décident bientôt d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

Trois jeunes femmes habitent ensemble dans une vieille maison familiale à kamakura, ladite maison ayant autrefois appartenu à leur grand-mère. Bientôt elles apprennent le décès de leur père -ayant refait sa vie ailleurs- et l'existence d'une demi-soeur.Sur la proposition de l'ainée, Sachi, leur nouvelle sœur (à présent orpheline) vient habiter avec elles.

Kore Eda Hirokazu est un réalisateur qui m'émeut souvent et que j'apprécie de suivre au long de sa carrière cinématographique. En un sens il est le successeur de Yasujiro Ôzu, pour traiter dans ses oeuvres de la famille sous différentes formes et points de vue.

Lorsque j'ai appris qu'il adaptait Kamakura Diary, cela a éveillé ma curiosité, s'agissant d'un de mes mangas préférés, lequel explore avec une grande justesse des thématiques parfois difficiles au sein d'une famille atypique.  Le manga est une œuvre dense avec de multiples personnages, à la profondeur établie, ce qui rend l'histoire plus facilement adaptable sur une longue durée (une série en quelques épisodes, par exemple).

Ce projet est également la première adaptation d'une oeuvre pour Kore Eda, sauf erreur de ma part. Et cela se voit à l'écran : on sent le réalisateur un peu mal à l'aise, avec une distanciation qui rend le film un peu moins personnel, malgré une certaine proximité de l’œuvre originelle avec l'univers de Kore Eda.

Il pêche également par un manque de développement des personnages secondaires* par rapport au manga et un traitement qui rend l'histoire un peu anecdotique, mais le format d'un film de 2h peut expliquer cela.

Le film est toutefois sauvé par quelques beaux moments et le casting, rassemblant plusieurs stars japonaises, surtout habituées des dorama**, tient la route. Ainsi de Haruka Ayase ou Masami Nagasawa...

Au final, un film pas désagréable mais un peu en retrait par rapport au reste de l’œuvre de Kore Eda.

*profondeur de leurs caractères et importance dans l'intrigue
 ** téléséries japonaises

mercredi 23 novembre 2016

Sing street réalisé par John Carney (2016)



Synopsis (wiki) : Dublin, dans les années 1980, Conor Lalor, un jeune lycéen de 15 ans, est contraint de changer de lycée car ses parents, touchés par la crise économique, n'ont plus d'argent pour payer ses études. Dans ce nouvel établissement, il subit l'ambiance désastreuse du lycée religieux « Synge Street ». Inspiré par les groupes mythiques de l'époque tels que The Cure, Duran Duran ou encore A-ha, le jeune garçon forme un groupe de musique avec l'aide de ses nouveaux camarades et de son grand frère Brendan, pour séduire la belle et mystérieuse mannequin Raphina.
 

Conor Lalor est un jeune lycéen à un tournant dans sa vie : ses parents, dont le couple est en crise, sont obligés de lui faire changer de lycée : parachuté dans un établissement populaire tenu par des religieux, il va devoir se faire une place dans un univers plus rude. 
Mais bientôt il va tomber amoureux de Raphina, apprentie mannequin, qu'il va chercher à séduire en montant un groupe de pop-rock, avec ses nouveaux amis, et sous les conseils de son grand frère Brendan.

Bien rythmé, ce film est ponctué d'une bande sonore agréable, entre musiques d'époques et créations originales pour l'occasion - les thématiques de ces dernières étant connectés avec l'histoire.  Mais l'oeuvre se fait aussi habilement le témoin d'une époque avec la crise économique, la "fuite" des irlandais vers l'Angleterre pour trouver du travail, l'évolution des couples au sein de la société, tout en portant l'idée qu'il faut tenter sa chance...

Alors si vous avez envie de vous changer les idées, Sing street est le "feel good movie" incontournable du mois. Ce film, concentré d'une époque et de ses aspirations, constitue une véritable déclaration d'amour à la musique des années 80, ses vidéos clips omniprésents, son esthétique notamment vestimentaire. Et toujours avec humour, recul et bienveillance.


dimanche 13 novembre 2016

Docteur Strange réalisé par Scott Derrickson (2016)




Je dois vous avouer que je ne suis pas spécialement fan des univers de super héros. Je suis par voie de conséquence assez rarement satisfait des films, même dans l'optique popcorn. Et les films que j'apprécie le plus sont ceux qui abordent le genre par la bande, avec une autre thématique, ainsi des Gardiens de la galaxie (plutôt du space opera) ou de ce Docteur Strange (fantastique avec magie) *.

Dans mes souvenirs d'enfance, le Docteur Strange était un personnage secondaire qui intervenait dans les comics quand un problème magique requérait une attention particulière, avant de disparaître, laissant l'intrigue principale se résoudre**. Ce n'est donc pas un personnage sur lequel j'aurais parié pour les prochains films de super héros.
Mais avec la stratégie Marvel de développer - à la suite des principaux - les personnages secondaires de sa franchise, le maître des arts mystiques nous arrive enfin dans les salles obscures de France et Navarre sous les traits de Benedict Cumberbacht AKA Sherlock Holmes (version BBC).

Le film qui  possède une longue scène d'exposition - assez ennuyeuse - montrant un chirurgien du cerveau brillant, à l'égo surdimensionné et porté par un sentiment de contrôle total sur sa vie... Jusqu'à ce qu'un accident de la circulation lui fasse perdre l'usage de ses mains et donc de son doigté légendaire. Ce qui définissait son identité disparaissant, il sombre en dépression avant de partir au Népal, à la suite de certaines circonstances, sur les traces d'une personne qui pourrait éventuellement la guérir.

Dr Strange opère une sorte d'opposition entre un matérialisme forcené d'un côté et l'acceptation d'un certain mysticisme de la vie après avoir lâché prise...

Le film commence toutefois à être rigolo avec l'arrivée dans ce Tibet de pacotille et ses costumes très péplums hollywoodiens (mention spéciale aux voleurs).

Suis l'apprentissage d'un magicien qui reste impertinent, son affrontement avec the bad Mads Mikkelsen AKA Hannibal, avant quelques péripéties et un happy end...

Du casting nous retiendrons le jeu correct de Benedict Cumberbacht (mais c'est le personnage qui est le plus développé dans cette histoire aussi), la performance de Tilda Swinton (vraiment excellente dans ce personnage de l'Ancien, mentor du Dr Strange). Par contre le reste est en retrait (mais le scénario, vraiment trop centré sur le héros, n'a pas donné assez de profondeur aux autres personnages).

L'aspect visuel de la magie, le côté inception/portal, la façon d'obtenir la victoire, etc... font que les qualités du film l'emportent sur ses défaut. A voir, pour une séance pop-corn.




* Les gardiens étant bien meilleur que ce Docteur Strange
** L'ami wiki m'informe pourtant qu'il a eu sa série de comics et son heure de gloire.

mardi 8 novembre 2016

the magicians

Une affiche parfaitement calibrée...

Synopsis wiki : Quentin Coldwater, jeune adulte en marge du monde, est depuis son enfance attiré par la magie. Il se réfugie dans la lecture de ses romans préférés Fillory et effectue des séjours en hôpital psychiatrique. Il découvre qu'il est un magicien. Invité à passer des tests d'admission en compagnie de son amie Julia, il est admis à Brakebills, une université protégée du reste du monde qui forme en secret de futurs magiciens.
Quentin va, avec l'aide de ses nouveaux amis Alice, Penny, Margo et Elliot, entrer dans une histoire qui le dépasse. Des forces maléfiques vont s'abattre sur eux. Il pourra sortir de certaines situations grâce à sa connaissance des romans de son enfance. Pendant ce temps, Julia, la meilleure amie de Quentin, qui a échoué aux tests d'admission de Brakebills, retrouve la mémoire qui lui avait été effacée. Elle n'aura de cesse de vouloir apprendre la magie en suivant son propre chemin. Un chemin obscur et dangereux qui pourrait la mener à sa perte..

Quand Harry Potter rencontre la Ivy League américaine, cela donne The Magicians : une série totalement calibrée pour les teenagers, véhiculant - version US - tous les clichés de la mixité, du groupe ethnique aux mœurs sexuelles (homo, hétéro, bi, fricotages avec des dieux anciens...).

La série pourrait même être un modèle en matière de clichés avec une réalisation propre (avec du budget), en alternant comme elle le fait les moments sérieux - romantiques - teens (scène évocatrice s'arrêtant juste avant le 3615 Ulla) - WTF (gags potaches d'université version soft).

Et si j'ai commencé par regarder The magicians, c'était pour meubler - façon binge drinking - une période de désœuvrement. 

Au début, la série m'a fait beaucoup rire avec ces clichés visuels et narratifs mentionnés plus haut, puis, en progressant, l'histoire m'a surpris plus d'une fois, avec des thématiques bien intégrées du fantastiques ( - attention spoiler - "le passage de l'autre côté du miroir", la dualité de réalité, la manipulation du temps, la maison hantée, par exemple). 

Cela m'a parfois évoqué de loin, Avance rapide de michael marshall smith et Le pays du fou rire de Jonathan Carroll.

Lev Grossman, l'auteur du roman originel dont serait adaptée cette série, me semble bien connaître les mécanismes de ce genre d'histoire et les manipuler - plus que malmener - avec une certaine intelligence.

Alors à  voir ? Si vous ne détestez pas ce genre d'histoires...