vendredi 26 mai 2017

La cuillère d'argent, manga de Hiromu Arakawa



Silver Spoon (aka gin no saji) écrit par Hiromu Arakawa
Actuellement : 13 tomes parus (JP ou FR). En cours de publication.

Sans doute mon gros coup de coeur en manga "tranche de vie" depuis longtemps, Gin no saji est une oeuvre qui, sous une forme "innocente", pose avec bienveillance de nombreux questionnements sur le monde agricole.

Yûgo, est le cadet d'une famille au contexte particulier : son père est un homme austère et autoritaire qui mesure tout à l'aune de la réussite scolaire. Après un échec à l'entrée d'un lycée très côté, Yûgo décide d'entrer dans un lycée agricole du fin fond de Hokkaidô pour s'éloigner de la pression familiale et de celle des examens -les deux se confondant un peu -. 

A l'instar d'un candide citadin, il découvrira un monde qu'il ignore et tous ses questionnements et incertitudes : économiques, éthiques et philosophiques... Évitant l'écueil du "sur-place", l'auteur du manga fait évoluer les personnages et leurs relations, en même temps que le passage des saisons(au tome 13 nous sommes déjà en première) et Yûgo, lui même finit par se connaître et trouver le courage de commencer à s'affirmer face à son père.


A noter que l'oeuvre est adaptée en animé et en un film live.

mardi 23 mai 2017

Les portes de la nuit de Marcel Carné (1946)



Depuis quelques temps j'avais envie de redécouvrir les anciens films "classiques" d'après guerre, avant la nouvelle vague, d'aller creuser un peu dedans pour voir ce que j'y trouverais.
Un passage à la médiathèque Jean-Pierre Melville me donnera cette occasion en choisissant cette oeuvre pour son titre, "Les portes de la nuit"*, réalisé par Marcel Carné sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert. 

Synopsis : Durant une nuit de février 1945 à Paris, Jean Diego se rend chez la femme de son copain, Raymond Lécuyer, pour lui annoncer la mort de son mari devant le peloton d'exécution des occupants nazis. Or, Raymond est bel et bien vivant. Un clochard, qui se présente comme étant le Destin, annonce à Jean qu'il va rencontrer, dans les heures à venir, "la plus belle fille au monde".

J'ai eu sans doute un peu de mal à m'immerger au début dans un Paris en partie révolu (le regard tente de s'accrocher à des décors familiers mais ce n'est pas toujours évident) et des formulations moins usitées**, mais au bout de quelques temps, cela fonctionne sans soucis.

C'est une histoire assez "théâtrale" qui respecte les trois unités - de lieu (un quartier), de temps (une seule nuit), et d'action (tous les événements concourant au dénouement) - et ne manque pas de charme, malgré certains dialogues un peu expansifs. La patte de Prévert est bien présente,  et un humour qui surgit parfois de façon inattendue. 




Etonnant Reggiani,
pour moi il était plus un chanteur...

Au casting des portes de la nuit, nous retrouvons - dans la "fleur de l'âge-  Yves Montant - en héros de guerre -, Pierre Brasseur - bien inquiétant -, Serge Reggiani - brillant en ancien collabo tourmenté -,  Nathalie Nattier - la triste et belle de l'histoire -....




Vilar, Clochard céleste

Et un Jean Vilar éclatant, traversant le film en personnification du Destin dans une époque encore troublée, où s'affrontent des anciens collabos (ou mouchards), profiteurs du marché noir, anciens résistants...




Nattier et Montant, premiers rôles et jeunes débutants dans le cinéma d'alors, sont un peu gauches, en retrait par rapport à tous ces excellents second rôles, mais ce n'est pas rédhibitoire.

Il ressort de ce film une atmosphère particulière, appuyée par les musiques de Joseph Kosma (notamment compositeur des feuilles mortes).

En conclusion, un film à découvrir.

* La qualité vidéo Editions René Chateau Vidéo , sans doute pas une des meilleurs éditions, mais cela se laisse regarder
** j'ai ainsi découvert le terme de "richelieu" pour des chaussures...

dimanche 14 mai 2017

Instantanés "films" du 10 Mai 2017

Les instantanés sont de courtes chroniques quand manquent de nombreuses choses dont le temps...





La belle et la bête réalisé par Bill Condon (2017) : aller voir ce film fut une belle erreur. Il s'agit d'une transposition complète de la version de disney du célèbre conte en comédie musicale. Long, d'un ennui mortel. Autant dire que la morale est ultra simpliste (quand on est une jolie fille intellectuelle, il faut regarder dans le cœur des beaux hommes sous l'apparence d'une bête). Mais le baragouinage de mots français de certains acteurs fera légèrement sourire.
Ce film inutile m'a quand même donné envie d'espérer voir un jour une version plus gotique et destroy de ce conte ou de découvrir le vieux film de Jean Cocteau.





Les Gardiens de la Galaxie II réalisé par James Gunn (2017), continue à développer son univers personnel d 'aventures-SF avec une bande sonore rétro, amenant une forme de revival d'une époque avec ses peuples aux caractéristiques étonnantes (les "souverains" par exemple). J'ai beaucoup ri avec les dialogues et l'apparition d'acteurs improbables dans certains rôles (Stallone entre autre... Et Pom pom pom...). L'histoire amène toutefois un peu moins d'action mais s'attache plus à certains personnages et leur histoire ou liens, ce qui n'est pas désagréable. Un bon moment.




Alien Covenant réalisé par Ridley Scott (2017) : en terme de "produit", cet Alien atteint ses objectifs : bien réalisé (Ridley Scott a de l'expérience quand même), avec du budget (beaux effets spéciaux, beau casting) et un scénario plus construit, moins incohérent que le précédent... On notera même une excellente prestation de Fassbinder... De ce point de vue, on passera un bon moment au cinéma. 

Cependant sur le fond, le réalisateur se caricature lui même et n'innove absolument pas (assez d'accord avec cet article et tous les commentaires en contrepoints). L'obsession de Ridley Scott pour la création de la vie, la recherche de son sens et de notre place dans l'univers etc... gâche cet univers. L'androïde David semble au final être une représentation pathétique de Ridley Scott

Après la tempête (2016 au JP - umi yori ni mo mada fukaku ; encore plus profond que la mer) est le dernier film en date sorti dans nos contrées de mon réalisateur (et scénariste) japonais préféré : Kore Eda Hirokazu. 
Nous retrouvons l'auteur en forme, plus à l'aise dans une oeuvre personnelle qu'avec Notre petite sœur, adaptation d'un manga. 
Dans une approche quasi documentaire, il traite principalement de la famille dans tous ses états et sous divers éclairages, mais avec une bienveillance constante. 
Ici un père de famille irresponsable, joué par le toujours excellent Abe Hiroshi, qui ne gère pas très bien la séparation avec son ex-femme et son fils. La mise en lumière se fait sur les relations compliquées avec un membre d'une famille dont les défauts ne peuvent être pris en modèle.

Au casting nous retrouvons un peu "la famille Kore Eda" avec, en plus d'Abe Hiroshi, Kirin Kiki (également dans still walking...), Lily Franky (tel père, tel fils...)... A noter la présence de Satomi Kobayashi dont c'est -il me semble- la première apparition dans une des oeuvres du réalisateur (elle est connue pour Kamome Shokudo, notamment).

lundi 8 mai 2017

Instantanés mangas 08 Mai 2017

Les instantanés sont de courtes chroniques quand manquent de nombreuses choses dont le temps...



Une vie dans les marges de Yoshihiro TATSUMI (2 tomes imposants), aux exigentes éditions Cornelius, est une autobiographie d'un mangaka, témoignage rare et passionnant de l'évolution de ce genre, de ses techniques, de ses polémiques et de la société toute entière, de la fin de la guerre aux années 60. Il intéressera même les lecteurs plus portés sur l'histoire que le manga.



Dr DMAT (1 à 9 tomes) d'Akio KIKUCHI (dessin) et Hiroshi TAKANO (scénario) aux éditions Kazé relate les aventures d'une équipe mobile d'intervention médicale d'urgence, composée au moins d'un médecin (les secouristes au Japon sont légalement limités dans les soins qu'ils peuvent donner) et dont le but est de se déplacer sur le terrain lors de toute sorte de catastrophe. Bien que je ne sois pas spécialement amateur des séries médicales (mon intérêt s'est limité à deux ou trois saisons d'Urgences il y a fort longtemps), ce manga - avec son lot de pathos est relativement addictif. Il finit toutefois par lasser un peu vers les 3 derniers tomes.